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Discours du Président Daniel Gibbes

Discours du Président Daniel Gibbes

Discours des vœux - Président Daniel GIBBS - 15 janvier 2018

Madame la Préfète,
Monsieur le Préfet,
Madame la Députée,
Monsieur le Sénateur,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames et messieurs,
Mes chers amis,

Je suis très heureux de vous accueillir cet après-midi car la cérémonie de présentation des vœux est un moment important de la vie politique locale et il s’agit d’une première pour moi, comme Président de la Collectivité.

Je souhaite tout d’abord avoir une pensée émue pour celles et ceux qui nous ont quittés cette année, fauchés par la force dévastatrice d’Irma ou les accidents cruels de la vie.  

Malgré tout, si j’ai autant de plaisir à vous réunir autour de moi aujourd’hui, c’est aussi parce que ces moments apaisés de partage ont été rares depuis le passage du cyclone Irma : nos emplois du temps, le temps politique et administratif, comme nos existences, ont été bouleversés et c’est à une véritable course contre la montre que nous sommes confrontés toutes et tous.

Course contre la montre pour reconstruire nos toits ou nos écoles, redonner à notre île une image toujours plus vivable, faire en sorte que nos partenaires que sont l’Etat et l’Europe ne nous oublient pas et remplissent pleinement leur rôle…

Cette cérémonie des vœux est donc pour moi l’occasion de prendre un peu mon temps, notamment pour saluer le travail et l’implication de celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour la renaissance de notre territoire.

Ainsi, aux bénévoles des associations de l’île, aux forces de l’ordre et aux personnels de l’éducation et de la santé, aux élus courageux, aux agents territoriaux, au personnel de l’Etat et à toutes celles et ceux, particuliers ou chefs d’entreprise, qui n’ont pas compté leurs heures ni ménagé leurs efforts et leur énergie pour travailler au redressement de Saint-Martin, j’adresse cet après-midi le témoignage de ma reconnaissance et de mon amitié.

J’ai parlé de travailler à la « renaissance » de Saint-Martin parce que comme vous, j’ai pleinement conscience que notre mission ne doit pas se cantonner à rebâtir des murs et à reconstruire des réseaux, mais bel et bien à nous atteler, ensemble, à ce vaste chantier qu’est l’édification d’un nouveau vivre-ensemble.

Et c’est là toute la difficulté du défi qu’Irma nous impose : agir dans l’urgence tout en pensant Saint-Martin sur le long terme.

Je sais l’impatience des uns et des autres, je la partage souvent et je la comprends. Je pense par exemple à la question des indemnisations de nos concitoyens par leurs assurances.

Trop d’assurés peinent encore à se faire dédommager et cette situation, quatre mois après le passage d’Irma, n’est ni tenable, ni acceptable, j’en conviens. Aussi ai-je rencontré le Président de la Fédération des Assurances, Monsieur Bernard SPITZ, pour le sensibiliser à cette question.
 
D’ailleurs, je reçois jeudi une délégation de la fédération ainsi que les représentants des experts et des principaux assureurs. Sur ce sujet, comme sur tous d’ailleurs, soyez assurés que je ne lâcherai rien !

Car si nous avons parcouru bien du chemin depuis début septembre, je mesure combien ce qui nous reste à accomplir est immense. Et pour cela, j’ai besoin de la patience de chacun et de la mobilisation de tous.

J’inclus dans cet appel nos frères et amis de la partie hollandaise car je suis plus convaincu que jamais, que la coopération est la clé de la réussite de notre île.
Je souhaite que Sint Maarten retrouve de la stabilité à l’issue des prochaines élections et j’attends avec impatience de pouvoir travailler avec le futur gouvernement hollandais à ce United Congress French and Dutch, qui me tient tant à cœur.

Mon objectif, celui de mon équipe, vous le connaissez : faire de Saint-Martin un territoire prospère et apaisé, où il fait bon vivre et travailler, et qui offre à ses enfants un avenir digne de ce nom.

Pour y parvenir, notre équipe a été élue en mars dernier par les Saint-Martinoises et les Saint-Martinois sur une méthodologie et un projet clairs, auquel nous restons fidèles et que nous nous engageons à respecter.

L’abrogation des prélèvements de 100 euros au titre des frais d’assiette, de contrôle et de recouvrement sur les avis de non-imposition, le lancement de l’élaboration du Plan d’aménagement et de développement de Saint-Martin et de la modification du POS ou l’adoption de notre schéma de développement touristique 2017-2027 sont d’ailleurs à ce jour quelques exemples des promesses tenues. La population en est comptable.

Alors, Irma a certes bouleversé notre calendrier, elle a en revanche renforcé ma détermination et celle de mon équipe, à remettre Saint-Martin sur la voie du développement.
Avec un objectif supplémentaire, qui est celui de faire de Saint-Martin un modèle de résilience et d’adaptation au changement climatique. Nous tirons les enseignements d’Irma, à tous les niveaux.
C’est en ce sens que nous travaillons à une nouvelle règlementation urbanistique, c’est pourquoi notre schéma de développement touristique s’est enrichi d’un fil conducteur « vert », qui ancre la vision et la direction de notre premier secteur économique dans les principes de durabilité et d’écoresponsabilité. ///

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Oui, nous avançons : nous serons en mesure de proposer d’ici le 31 mars, un plan pluriannuel d’investissement et de rattrapage, lequel pourra corriger les insuffisances constatées depuis 2008 par notre Collectivité en matière de compensation financière des charges transférées.
L’Etat doit jouer pleinement sa partition, la Collectivité également, dans un partenariat certes étroit, mais qui tient compte des compétences de chacun. N’est-ce pas là l’esprit même de l’article 74 ?

J’ai lu l’inquiétude de certains dans les colonnes de la presse locale, qui feignent de voir dans la signature de nos protocoles de partenariat avec l’Etat, une ingérence de Celui-ci dans les affaires de Saint-Martin. Qu’ils soient rassurés : la Collectivité a un cap ET un capitaine, conscient des responsabilités qui lui incombent et bien décidé à faire respecter les compétences qui sont et doivent rester les siennes.

Aujourd’hui, Saint-Martin doit renaître de ses cendres : pour cela, nous avons besoin de disposer des outils, garantis par l’article 74, qui nous font cruellement défaut :
 - Une Antenne INSEE
 - Des services de l’Etat efficients sur notre territoire
 - Un Préfet de plein exercice
 - Un vice-rectorat.

Pour renaître de nos cendres, nous nous sommes choisis un symbole, celui du Phoenix, dont j’ai baptisé le Plan audacieux de relance dont Saint-Martin a besoin et que je vais vous présenter à présent.

Transparence, simplicité, durabilité, responsabilité, innovation, exemplarité : telles sont les valeurs qui guident l’action de la majorité que j’ai l’honneur de conduire et qui sont le fil rouge de ce Plan Phoenix que nous mettons en œuvre pour la nécessaire relance économique et sociale de notre territoire. ///

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Ces derniers mois, les élus et les services de la Collectivité n’ont pas chômé. L’enjeu qui s’impose à nous depuis le passage d’IRMA est de taille : reconstruire un territoire, relancer une destination touristique de manière responsable et durable.

Nous n’avons donc pas voulu agir avec précipitation mais avec méthode. D’abord gérer l’urgence : le déblaiement de l’espace public, puis des sites de stockage, identifier et venir en aide aux plus démunis et remettre la Collectivité sur les rails.

Notre plan de reconstruction s’articule autour de cinq axes : la Reconstruction, la Relance économique, la Sécurité, la Réussite et l’Accompagnement.
En effet, il nous appartient d’agir dans l’ensemble des domaines de la vie publique. Le cyclone IRMA n’a pas fait que des dégâts matériels, il a mis à nu les difficultés sociales de notre territoire. Il nous appartient donc, dans le cadre de la reconstruction de répondre à ces problématiques, comme nous nous y étions engagés en mars dernier, lors de notre installation au Conseil territorial.

Alors quel plan d’action pour ces prochains mois et années ? ///

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Premier volet du plan Phoenix, la Reconstruction.
Nous agirons en deux temps, à court terme pour répondre à l’enjeu de la réparation des dégâts et à long terme dans une démarche d’aménagement durable de notre territoire.

Pour le court terme, je tiens à vous expliquer précisément quelle a été la démarche de la Collectivité car je sais que l’impatience et, parfois l’incompréhension, ont été fortes. La violence de l’ouragan fut telle que 95% du bâti de Saint-Martin a subi des dommages. Des milliers de résidents, des centaines d’entreprises se voient contraints de réparer leur habitation ou établissement.

Si nous sommes pleinement conscients de l’urgence dans laquelle tout le territoire est plongé, mes équipes et moi-même ne pouvions prendre la responsabilité d’agir dans la précipitation.
Les règles d’urbanisme de Saint-Martin ne correspondaient plus à la triste réalité de notre territoire. Il n’était pas question pour la majorité de « raser gratis » sans prendre en compte les risques auxquels nos concitoyens étaient dorénavant confrontés. Il nous fallait reprendre les procédures et réviser les règles en vigueur à la lumière des effets cycloniques « post-Irma ».

L’Etat a donc planché sur la fameuse carte des aléas qui nous a été communiquée début décembre. Ce n’est qu’à partir de ce document que la Collectivité a pu travailler à une nouvelle procédure d’autorisation, en fonction des zones impactées. Travail que nous avons anticipé dès le mois d’octobre en simplifiant les procédures, en modifiant notre code de l’urbanisme et en lançant la modification du POS.

J’insiste donc sur le fait que nous ne pouvions pas envisager la reconstruction de notre territoire sans un travail de fond en toute connaissance des risques.

Je vous annonce que c’est donc chose faite et que nous dévoilerons les nouvelles procédures de la Collectivité, mercredi, à l’occasion de la présentation de la Carte des Aléas, en partenariat avec l’Etat.

Notre souci a été de simplifier les procédures et de permettre à chacun de demeurer en sécurité, dans les meilleurs délais, même dans les zones les plus exposées aux risques cycloniques. Quant aux activités économiques, l’objectif que j’ai toujours affiché est d’autoriser leur reconstruction en prenant toutefois en compte les effets cycloniques.

Bien entendu, la reconstruction des habitations complétement démolies le long du littoral est un sujet bien plus complexe sur lequel je reviendrai un peu plus tard dans cette allocution.

Toujours à très court terme, nous investirons pour la reconstruction des infrastructures publiques : écoles, équipements sportifs, espace public, réseaux…Le rapport d’évaluation de la Collectivité annonçait 600 millions d’euros de dégâts sur les infrastructures publiques. L’effort est gigantesque.

Ainsi dès cette année, les besoins de la Collectivité s’élèvent à 200 millions d’euros d’investissements pour le seul exercice 2018. C’est un budget donc ambitieux que nous voterons au mois de mars, mais qui s’impose à nous.

Concrètement, nos priorités pour l’année 2018 s’orienteront tout d’abord vers la réhabilitation et la reconstruction de nos écoles pour un montant estimé, pour le moment, à près de 30 millions d’euros.

Beaucoup a déjà été fait dans un contexte contraint où les chantiers doivent être menés en tenant compte du temps scolaire et des délais de la commande publique.

Car, je le rappelle, malgré le caractère urgent et l’importance à nos yeux du bien-être des enfants et des équipes éducatives, les délais administratifs de consultation publique et la surcharge de commandes des entreprises du territoire font bien souvent obstacle à notre objectif d’efficacité.

De lourds chantiers dans le domaine de l’Education nous attendent dès cette année avec la construction d’un nouvel établissement, suite à la quasi démolition du Collège Soualiga et de l’école Emile LARMONI.

Ces chantiers sont l’occasion de repenser la carte scolaire et de rationnaliser le fonctionnement de nos établissements.
C’est ainsi que ma Vice-Présidente Annick PETRUS, et nos services étudient la construction d’un nouveau collège. Nous devons aller vite dans nos réflexions, en bonne concertation afin de poser la première pierre de cet établissement avant la fin d’année.

L’année 2018 verra également la réouverture des équipements sportifs. Sous l’impulsion de ma première Vice-Présidente, Valérie DAMASEAU, plus de 2,5 millions seront injectés dans la rénovation de l’ensemble des plateaux sportifs du territoire et de nos stades. Là aussi il y a urgence à agir et je peux vous confirmer que les commandes auprès des entreprises sont en cours.

Toujours à très court terme, notre plan de reconstruction prévoit bien entendu la rénovation de l’éclairage public pour plus de 20 millions d’euros pour lequel un marché de performance énergétique est en cours de rédaction. Il nous permettra dans un temps court de remplacer l’ensemble des points lumineux du territoire et de moderniser notre éclairage public avec un dispositif plus économique, plus écologique et innovant.

Le passage de l’ouragan en septembre dernier a prouvé l’extrême faiblesse de tous nos réseaux.

Nous accélérerons la rénovation des réseaux humides à travers un plan d’actions qui prévoit 7 millions d’investissements pendant 7 ans pour le réseau d’eau et 2 millions d‘investissements pour le réseau d’assainissement.

En décembre dernier, nous lancions le premier chantier d’enfouissement des réseaux électriques et de communication. Notre ambition est de passer en souterrain l’ensemble des installations et de déployer la fibre optique. En partenariat avec EDF, nous avons initié cette démarche à Grand Case en décembre et continuerons sur l’ensemble du territoire ces 2 prochaines années.

Au-delà de ces actions d’urgence, le plan « Phoenix » s’attache à penser le territoire à plus long terme. Comme nous nous y étions engagés auprès des Saint-Martinois lors des élections territoriales, la majorité que nous sommes entend porter ses efforts sur le développement de Saint-Martin.

Loin de nous stopper dans notre élan, IRMA nous donne ici l’occasion de penser l’aménagement du territoire à plus long terme.

Une nouvelle conception du territoire qui émanera de deux documents stratégiques essentiels :
 - Le Plan d’Aménagement et de Développement de Saint-Martin
 - Le Plan Territorial du Logement.

Ils constitueront le socle de notre politique d’aménagement pour les 10 ou 15 prochaines années.

En effet, si j’ai déjà eu l’occasion d’exposer les objectifs poursuivis par le PADSM - La maitrise du développement de nos villages, l’attractivité économique et la résilience de nos aménagements - le Plan Territorial du Logement, quant à lui, s’attachera à préciser les objectifs quantitatifs et qualitatifs de la Collectivité en matière d’habitat sur la base d’un diagnostic de l’existant.
Il abordera également la question du logement insalubre que la Collectivité s’est engagée à résorber dans le cadre du second protocole signé avec l’Etat. ///

Alors, quel visage pour notre territoire dans 10 ans ?

Indéniablement, Saint-Martin devra être durable, résilient et attractif.
La prise en compte de l’environnement sous l’impulsion du vice-président Steven Patrick en charge du développement Durable, est un prérequis pour la sécurité des Saint-Martinoises et Saint-Martinois, et parce que nous connaissons plus que quiconque les dramatiques conséquences du changement climatique.

Sans m’attarder trop longuement, je tiens à vous donner les grandes lignes de nos ambitions pour l’aménagement de notre territoire.

« Le Grand Marigot » sera le chantier phare de ces 10 prochaines années. Redynamisation du cœur de ville et aménagement du front de mer replaceront Marigot comme la capitale de la partie française et comme un site majeur de la Caraïbe.

Ce projet d’envergure qui fait l’actualité saint-martinoise depuis bien des années a bien trop tardé à voir le jour. En cause, un bilan économique peu attractif pour les investisseurs et l’absence de volonté et d’investissements publics. Or, pour que Saint-Martin retrouve son attrait, nous devons prendre à bras le corps la question de l’aménagement de Marigot et de la modernisation de ses infrastructures.

Les deux volets qui constituent le projet du « Grand Marigot », aménagement du front de mer et redynamisation du centre, sont pleinement complémentaires en portant une attention particulière à l’ouverture du cœur de ville vers le front de mer.
Les rues commerçantes doivent en effet bénéficier de l’attractivité des futures infrastructures pour l’accueil de la moyenne croisière et de la grande plaisance.

Loin d’être une simple ambition, la réalisation du « Grand Marigot » est déjà mise en œuvre : l’établissement portuaire chargé de suivre le projet du front de mer a sélectionné un assistant à maitrise d’ouvrage.
Je soumettrai au Conseil territorial l’inscription au budget 2018 des travaux d’embellissement des rues de la République, de la Liberté et du Général de Gaulle, ainsi qu’une première phase d’aménagement du front de mer.
Les travaux s’étendront du parking de l’Oiseau rare à l’église méthodiste. ///

Autre site touristique qui fera l’objet d’un réaménagement, Grand Case.
La Collectivité compte renforcer l’attractivité touristique de ce quartier et procéder à des travaux de modernisation de la voie publique, notamment pour le confort des habitants.
Outre les travaux d’enfouissement des réseaux électriques, numériques, d’eau et d’assainissement qui sont sur le point de s’achever, une réflexion particulière doit être portée sur la valorisation du front de mer et l’aménagement de nouvelles infrastructures touristiques et commerciales.

La reconstruction de ce quartier est primordiale compte tenu de son intérêt patrimonial et touristique. Une attention particulière doit toutefois être portée sur les modalités de reconstruction dans le cas d’un prochain évènement climatique d’ampleur.

Bien entendu, vous le savez, la piste de l’’aéroport sera prolongée très prochainement, suite à l’acquisition des terrains par la Collectivité, en octobre dernier. Ce projet est crucial pour l’économie de Saint-Martin et a trop longtemps trainé. J’y mets un point d’honneur.

Pour ces deux quartiers, nous lancerons un appel d’offres dans les semaines à venir pour que la Collectivité soit accompagnée dans sa démarche.

Vous le savez, Sandy Ground et Quartier d’Orléans ont particulièrement souffert de la submersion marine. La sécurité des habitants dans ces quartiers mais également à Baie Nettlé, Cul de Sac, Orient Bay et Oyster Pond doit être traitée avec la plus grande attention, en toute responsabilité.

Si la Collectivité a adapté ses procédures à court terme pour autoriser la réparation des dégâts dans ces zones à fort risque, il n’est pas question d’agir avec précipitation pour ce qui est de la reconstruction des habitations aujourd’hui démolie.
Une politique responsable impose une projection à long terme et un temps non pas de passivité mais de réflexion et de travail actifs pour repenser l’aménagement de ces quartiers.

L’objectif : solutionner l’exposition des habitants aux risques cycloniques et, dans le même temps, améliorer le cadre de vie des habitants en repensant l’habitat, l’espace public et l’offre en services publics, notamment à Sandy Ground et Quartier d’Orléans. Je le répète : cette période inédite de reconstruction du territoire ne doit pas se limiter au bâti.

Concrètement, nous lançons une consultation pour que la Collectivité soit accompagnée par des spécialistes des questions urbaines et sociales. En concertation avec les habitants, notre objectif est de proposer en 12 mois maximum un plan d’aménagement de Sandy Ground et de Quartier d’Orléans pour une mise en œuvre dans les meilleurs délais.

D’ici la sélection de ces experts, nous travaillons avec les architectes locaux pour définir les premières orientations à la lumière de la carte des aléas. Une première réunion est d’ailleurs prévue demain. ///

L’aménagement d’un territoire doit être global et à ce titre la question des liaisons entre les quartiers ne doit pas être occultée.  

Deux chantiers en cours : la création d’un réseau de transport public, complémentaire à l’offre privée, actuellement en cours d’élaboration au sein de la commission « transports », et la réalisation du schéma routier pour lequel nous proposerons au Conseil territorial d’inscrire près de 6 millions d’euros dès 2018 et 8 millions d’euros pour des aménagements et travaux de réparation de voirie.

Vous l’avez compris, parce que nous sommes conscients de l’urgence dans laquelle se trouvent bon nombre de nos concitoyens vivant dans ces zones à forts risques, nous adoptons une stratégie en deux temps.

Le premier : la réparation des dégâts, lorsque cela est possible, pour la mise en sécurité des habitants et la réouverture des infrastructures publiques.

Puis dans un second temps : la reconstruction conditionnée à un plan d’aménagement responsable et durable. ///

***

Deuxième axe majeur du « plan Phoenix », la Relance économique. Conformément au programme de la majorité que je conduis, le plan « Phoenix » s’attache à développer l’activité touristique, premier pilier de notre économie, tout en portant une attention particulière à sa diversification.

Sans nul doute, IRMA a mis à plat notre économie. Pour le secteur touristique, 80% des 1500 chambres du territoire sont détruites au lendemain du cyclone. Les 20% restant ne sont pas toutes commercialisables compte tenu de l’état des infrastructures.

Si la situation s’améliore peu à peu, le chantier est gigantesque pour remettre sur les rails notre destination. La réparation du bâti, les difficultés financières et sociales auxquelles sont confrontés les hôteliers et professionnels du tourisme sont autant d’obstacles à franchir dans cette période de reconstruction.

Permettez-moi de remercier les socio-professionnels, leurs représentants, ainsi que les avocats et experts comptables de Saint-Martin qui ont particulièrement œuvré à trouver des solutions pour venir en aide au monde socio-économique saint-martinois. Les négociations avec l’Etat n’ont pas permis d’obtenir l’adaptation des règles tant espérée, malgré des avancées notables. Mais je sais qu’avec leur soutien, nous ne lâcherons rien.

Je serai de nouveau à Paris la semaine prochaine pour discuter de la reconstruction hôtelière et obtenir les aides nécessaires à la réouverture de nos structures d’hébergement. Je ne doute pas que nous serons entendus.

Je tiens tout de même à saluer, les commerçants et restaurateurs qui ont redoublé d’efforts ces dernières semaines pour rouvrir leurs établissements et redonner vie à notre territoire. Je veux leur dire que leurs efforts ne sont pas vains, qu’ils ont raison d’espérer et de s’être donné autant de mal car nous réussirons le pari de la réussite économique.

Comment allons-nous nous y prendre ? ///

Là encore, mon Vice-Président Yawo NYUIADZI en charge du développement économique, et moi-même, fondons notre action sur deux documents programmatifs :
La stratégie touristique 2017-2027
La stratégie territoriale de développement économique.
Des travaux, bien entendu, complémentaires.

Nous nous sommes en effet donner une feuille de route claire en matière de développement touristique, en adoptant dernièrement notre stratégie en Conseil territorial, composante majeure de notre « plan Phoenix ».

Cette stratégie nous la travaillons depuis notre arrivée et l’avons présentée aux socio-professionnels au mois de juin dernier, bien avant les préconisations de la délégation interministérielle. ///

Comme je l’ai dit précédemment nous avons fait le choix d’un développement touristique durable, c’est-à-dire respectueux de l’environnement et incluant l’ensemble de la population. Une stratégie donc transversale dont je développerai quelques points ici.

Loin d’être un dictionnaire de bonnes intentions, notre stratégie touristique s’attache à fixer des objectifs concrets. Parmi ceux-ci, des investissements privés attendus et nécessaires.
Il nous faut en effet non seulement reconstruire l’existant, mais aussi planifier la création d’au moins 2000 chambres d’hôtel supplémentaires pour faire vivre nos commerces, nos restaurants et services.

Je tiens alors cet après-midi à vous rassurer, Saint-Martin n’a pas perdu son attractivité auprès des investisseurs puisque deux projets d’hôtels attendus depuis des années sont en voie de concrétisation : la Belle Créole qui accueillera 200 chambres environ dans un complexe 5 étoiles et Happy Bay sur lequel est sérieusement positionnée une grande enseigne internationale.

Concernant les chantiers publics inscrits dans cette stratégie touristique, le « Grand Marigot », représente un projet majeur pour la relance de l’activité touristique et la création d’emplois. L’aménagement du front de mer permettra à Saint-Martin de se positionner sur le secteur du tourisme de moyenne croisière, haut-de-gamme, un secteur en pleine expansion. D’ailleurs, conformément à ces objectifs et malgré la conjoncture, Saint-Martin accueille désormais la compagnie Crystal Cruise en tant que port de base. ///

Je sais l’impatience de certains, impatience que je partage sur le retour à la normale pour l’accueil de nos touristes. J’entends les comparaisons avec Sint-Maarten dont l’activité touristique est, il faut bien le reconnaitre, plus dynamique que celle de la partie française depuis quelques semaines.

Je tiens à y apporter quelques explications et perspectives.

Tout d’abord, vous noterez que les sites touristiques de Saint-Martin, comme Anse Marcel, Baie orientale, Grand Case, ou encore Pinel ont été fortement endommagés par la submersion marine, mettant ainsi à terre hôtels et restaurants.

Ensuite, si la partie hollandaise vit d’un tourisme de croisière qui lui permet d’accueillir des visiteurs de passage pour une journée, l’activité touristique de Saint-Martin est étroitement liée à l’offre hôtelière. Lorsque 90% de l’offre en hébergement n’est pas en capacité d’accueillir des touristes, la baisse drastique de la fréquentation de notre territoire devient évidente.  

Comme je l’ai évoqué précédemment, les délais administratifs de la commande publique, la question cruciale d’une reconstruction responsable ont certes retardé le retour à la normale tant espéré.  

Bien évidemment et fort heureusement, nous croisons de nouveau des touristes dans les rues et sur les plages de Saint-Martin. C’est pourquoi, il nous faut accélérer la remise en état et le nettoyage des sites touristiques. Si dans le cadre de nos marchés publics des actions ont déjà été entreprises, j’ai demandé à mes services de mettre en place une campagne de nettoyage en profondeur des plages et de leurs abords.
D’ici quelques jours, le nécessaire sera fait.

Il nous faut en effet effacer les traces du passage d’IRMA. C’est pourquoi, une campagne de plantation et de paysagement sera effectuée ces prochaines semaines à Marigot, lieu de passage des visiteurs.

Permettez-moi tout de même de rappeler que la propreté de notre île est l’affaire de tous.  
Si la Collectivité prend ses responsabilités en la matière en dépensant, je vous le rappelle, près de 10 millions d’euros depuis le mois de septembre pour le nettoyage de l’île, il n’est pas concevable de voir que certains se contentent de déposer sur la voie publique déchets et gravats.
Un territoire accueillant est un territoire propre. Nous nous donnerons dorénavant les moyens de sanctionner ces actes d’incivilité que nous ne pouvons plus accepter.

La question cruciale, celle qui doit attirer toute notre attention, est notre capacité à se tenir prêt pour la saison 2019 :
 - une campagne de marketing internationale pour inviter les touristes à découvrir ou redécouvrir Saint-Martin
 - une reconstruction de la majeure partie de nos hôtels et restaurants,
 - et un programme d’animations porté par l’Office du tourisme pour faire vivre notre territoire.

Voilà les travaux en cours pour nous tenir prêts et revenir, je l’espère, encore plus forts. ///

Second objectif de la Relance économique : la diversification de notre économie. En d’autres termes, le renforcement des secteurs d’activité de Saint-Martin, hors tourisme, même si bon nombre d’entre eux dépendent de l’activité touristique.

Nous l’avions prévu dans notre programme des 12 premiers mois et bien qu’IRMA ait retardé ce travail, nous nous attelons à définir les objectifs de la Collectivité en matière de développement économique.

En effet, cette semaine sera choisi, parmi 12 candidats, le cabinet qui nous accompagnera dans l’élaboration de ce document programmatif et dans le montage financier et juridique de notre agence de développement économique.

Parmi les enjeux et les pistes de travail du plan de reconstruction, la question du commerce est cruciale.
Si le secteur commerçant va indéniablement bénéficier du développement de l’activité touristique, il n’en demeure pas moins qu’il nous faut répondre à des problématiques propres à ce secteur, notamment les coûts d’implantation qui font bien trop souvent obstacle à la qualité de l’offre commerciale.

C’est pourquoi, sans attendre les conclusions du schéma de développement économique, j’entends proposer au Conseil territorial la modification de notre code de l’urbanisme pour la définition d’un périmètre de préemption des fonds de commerces et baux commerciaux.

La Collectivité sera ainsi en mesure d’être informée dans le détail de toute cession commerciale et d’exercer si nécessaire son droit de préemption. Il lui revient donc de céder ou de louer, par un dispositif d’accompagnement au lancement, le local acquis.

Autre action concrète pour le commerce, et conformément à nos engagements, l’embauche à la Collectivité d’un « city manager ».
Dans quelques semaines nous accueillerons en effet un nouveau membre dans l’administration, chargé de faire le lien entre la Collectivité et les commerçants de l’ile et de piloter l’animation commerciale du territoire en lien avec les socio-professionnels.

Autres secteurs clés dans cet effort de diversification : la pêche et l’agriculture dont la place dans notre économie à longtemps été discutée et débattue.
J’attends de cette mission d’experts de définir enfin un cadre clair et concerté sur le potentiel de développement de ces secteurs traditionnels. Pour nous accompagner, notamment dans le domaine de l’agriculture, le groupement d’action local (GAL) dont la réunion de lancement est prévue demain, mardi, disposera d’une enveloppe de 3 millions d’euros au titre des fonds européens pour 90%.

Il est toutefois évident que si nous voulons que ces secteurs soient créateurs d’emplois, nous devons les inciter à s’intégrer davantage dans l’économie de l’île, en les positionnant dans le catalogue touristique : notamment au sens culturel ou patrimonial.

Enfin, l’accompagnement des petites entreprises est primordial dans cette démarche de relance économique. 90% du tissu économique de Saint-Martin est composé de TPE et d’entreprises individuelles.

Ces dernières années, ces entreprises sont de plus en plus confrontées à la problématique de l’accès au financement bancaire, surtout pour les jeunes entreprises. Si la Collectivité travaille aujourd’hui aux côtés d’Initiative Saint-Martin dans le cadre d’un fonds de garantie proposé aux jeunes entrepreneurs, il nous faut aller plus loin compte tenu du contexte économique « post-Irma ».
Ainsi le plan Phoenix entend travailler à la création d’un fonds de garantie territorial, complémentaire aux dispositifs existants. Dans cette logique, la Collectivité a par ailleurs initié un partenariat avec les banques du territoire, réunies pas plus tard que vendredi dernier à l’hôtel de la Collectivité.

La diversification de notre économie n’est pas une vaine promesse puisque plusieurs perspectives, sérieuses, s’offrent déjà à nous.

Je veux en citer deux : le projet d’implantation d’un simulateur de vol pour ATR 42 et ATR 72 à Saint-Martin, en partenariat avec Air Antilles. Une activité nouvelle sur notre territoire créatrice d’emplois et de richesse puisque bénéfique pour l’hôtellerie et bien d’autres secteurs d’activités .

Autre dossier sur lequel nos services travaillent sérieusement et en discussion avec nos partenaires européens : la création d’un hub numérique et géothermique à Saint-Martin.
Ce projet ambitieux consiste à connecter les « Leeward Islands » (Saint-Martin, Sint-Maarten, Anguilla, Saint-Barthélemy, Saba, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Eustache) à un réseau d’énergie propre et un réseau numérique.

L’intérêt de ce projet est multiple : réduction de la dépendance aux énergies fossiles, la limitation des charges liées à la production d’électricité bénéfique pour notre compétitivité et l’intégration pleine et entière de Saint-Martin dans son environnement régional à travers son rôle central dans ce réseau interconnecté.

Le secteur de la transition énergétique est à l’évidence une perspective sérieuse, à fort potentiel pour Saint-Martin. ///


La Relance économique dépendra fortement du cadre institutionnel que nous mettrons à la disposition du monde économique.

En premier lieu, la réforme de la fiscalité. Nous en parlons depuis le mois de mars. C’était d’ailleurs un engagement fort de mon équipe : une fiscalité plus simple, plus cohérente et plus efficace. Il en va de notre compétitivité à l’international, de la prospérité de notre économie et de la capacité de la puissance publique à investir pour son territoire.
Je reconnais privilégier une fiscalité indirecte face à un impôt aujourd’hui péniblement recouvrable. Toutes les pistes sont ouvertes.

Début février, le cabinet que nous sélectionnerons cette semaine parmi trois candidats aura donc pour mission de repenser l’ensemble de notre système fiscal sur une mission de 9 mois. A la fin de l’année 2018, nous serons donc en mesure de présenter un code des impôts rénové.

Autre composante du cadre institutionnel : l’agence de développement économique. J’ai déjà eu l’occasion d’exposer les raisons qui nous poussent à envisager la création de cet outil, dont les missions seront complémentaires à celles de la CCISM. Plus que jamais, nous devons nous doter d’un « bras armé » pour l’accompagnement des entreprises existantes et de celles désireuses de venir investir à Saint-Martin. Croyez-moi, attirer des investisseurs à Saint-Martin demande un lobbying constant et un accompagnement rapproché pour les guider dans les méandres administratifs.

Se doter d’un tel outil nous permettra, au sein d’un guichet unique, d’assurer une prise en charge de ces entreprises et une promotion efficace du territoire.

Voici donc les pistes de travail de la Collectivité pour assurer la relance économique : deux plans d’actions partagés et un nouveau cadre institutionnel.

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Les trois axes suivants du « Plan Phoenix » s’attachent à répondre aux enjeux sociaux de Saint-Martin. Nous étions bien conscients des faiblesses en la matière de notre île : délinquance, décrochage scolaire, chômage, absence de formation… autant de difficultés que les évènements cycloniques nous ont rappelées avec effroi. Reconstruire un territoire c’est également agir pour le bien-être de ses habitants et pour son « vivre-ensemble ».

La Sécurité qui a révélé ses faiblesses dans les jours suivants le passage du cyclone doit bénéficier d’une nouvelle approche fondée sur la proximité et la coopération.

Proximité en renforçant la présence physique des forces de police dans l’espace public et les quartiers et en incitant la participation citoyenne.

Concrètement, la Collectivité mettra en place dès 2018 des brigades de proximité sur les plages et dans les lieux fréquentés. Véritables ambassadeurs du territoire, les brigadiers seront amenés à prendre contact avec les visiteurs et la population dans l’espace public afin d’orienter, conseiller et de remonter tout fait d’incivilité ou d’insécurité à la police territoriale et à la gendarmerie.

Pour ce premier essai, la Collectivité missionnera des jeunes de Saint-Martin souhaitant s’engager pour leur territoire à travers le Service civique.

La présence auprès de la population se traduira également par des missions pédagogiques auprès des commerçants, des seniors et des jeunes.

La police territoriale doit davantage jouer un rôle de service de proximité afin d’informer et de rassurer au plus près des habitants. Cette mission se concrétisera avec la construction de postes de la police territoriale à Sandy Ground et Quartier d’Orléans afin de promouvoir des actions spécifiques aux problématiques locales.

Proximité toujours avec l’expérimentation dès ce début d’année du dispositif « Neighborhood Watch/Voisins vigilants ». Cette action participative consiste à instaurer un esprit d’entraide dans les quartiers et de diffusion de l’information auprès des services compétents en cas, notamment, de situation d’incivilité ou d’insécurité. Ainsi, la gendarmerie et la police territoriale pourront compter sur des référents, au sein des conseils de quartier par exemple, chargés de remonter toute information nécessaire pour garantir la tranquillité du quartier.

Les commerçants seront également sollicités, dans le cadre de l’opération « Vigi Commerces ». Porté par la Collectivité et les services de la gendarmerie, « Vigi Commerces » permet aux commerçants d’informer de tout acte d’incivilité ou de délinquance par un simple SMS l’ensemble des commerçants et les forces de police.   

Enfin, notre objectif est d’accentuer la présence de la police territoriale, aux côtés de la gendarmerie. Ainsi, à Sandy Ground, le poste de police sera installé au sein du futur centre socio-culturel et administratif dont les travaux débuteront dès 2018.

A Quartier d’Orléans, la police territoriale sera installée dans les locaux de la gendarmerie dans le cadre d’une colocalisation entre les services de sécurité de la Collectivité et ceux de l’Etat.

Ce dispositif novateur à Saint-Martin verra le jour dans les locaux de la gendarmerie, dont les travaux de reconstruction seront lancés début de l’année 2019.

C’est donc une coopération renforcée et nouvelle que nous envisageons avec les services de la Gendarmerie.

D’ailleurs, je ne peux parler de sécurité sans saluer l’implication de la gendarmerie à Saint-Martin, mais aussi celle de notre police territoriale. Je sais que les chiffres sont très encourageants et prouvent que les effectifs et les moyens mis en œuvre ont payé.

Poursuivons nos efforts et formulons le vœux, Mesdames et Messieurs les représentants de l’Etat, que les effectifs des forces de l’ordre restent en nombre suffisant à Saint-Martin… ///

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La Réussite, quatrième axe du Plan Phoenix ambitionne d’établir une feuille de route pour doter Saint-Martin de véritables politiques publiques en faveur de l’éducation, de l’excellence et de la formation. Notre jeunesse, première force vive, ne doit surtout pas être oubliée dans l’effort de reconstruction.  

Concernant l’Education, nous avons lancé nos travaux pour l’adaptation de l’enseignement à Saint-Martin comme nous y autorise la loi organique. L’objectif affiché est de prendre davantage en considération les spécificités de notre territoire pour améliorer l’apprentissage de la langue française et adapter l’accès au métier d’enseignant pour les Saint-Martinois.

Notre ambition est également d’apporter de larges améliorations aux activités périscolaires. Pour la rentrée 2017, de nouvelles actions plus qualitatives devaient déjà être proposées aux jeunes saint-martinois. Hélas, la situation ne leur a pas permis d’en bénéficier pleinement. L’objectif principal poursuivi est de développer le soutien scolaire tant à l’école, après la classe, qu’à la maison.  

Le Sport sera porté à Saint-Martin comme discipline d’excellence et de réussite. Le schéma territorial du Sport que nous adopterons en avril prochain, après une phase de concertation avec les associations, fixera les objectifs de la Collectivité et de l’ensemble des acteurs du sport pour en développer la pratique et promouvoir nos nombreux talents.

Fleuron de cette politique sportive renforcée, un complexe sportif d’excellence sera construit en lieu et place du stade Albéric RICHARDS. Ce projet, dont le chantier débutera en 2019, regroupera des infrastructures pour l’entrainement de haut-niveau, notamment une piscine olympique de 50 mètres. Pour l’année 2018, nous nous consacrerons à en affiner la programmation et monter le dossier de consultation.

Enfin, la formation professionnelle est au cœur de nos préoccupations pour la reconstruction sociale de Saint-Martin.

Si notre territoire accueille d’ores et déjà cinq centres de formation, nous nous devons d’en améliorer la visibilité, de développer l’offre et de nous doter d’une politique cohérente en la matière.

Deux projets en cours pour l’année 2018 :
 - Le contrat de Plan Territorial de Développement des Formations et de l’Orientation Professionnelles, qui est notre stratégie territoriale en matière de formation et qui sera livré en avril prochain,
 - Et un projet novateur, celui de la Maison de la Formation.

Cette nouvelle structure territoriale aura pour vocation de regrouper les centres de formation et les formations disponibles à Saint-Martin.
Le projet est en cours de montage et nous espérons pouvoir le créer d’ici la fin de l’année. Un outil d’ailleurs complémentaire à la Mission locale annoncée depuis 2015 qu’il nous faudra créer et voir sortir de terre dans une démarche de synergie avec Pôle emploi telle que proposée par la Ministre du Travail lors de sa visite à Saint-Martin en décembre dernier. ///

Enfin, l’Accompagnement est le dernier axe du « plan Phoenix ». Accompagnement des plus vulnérables, des plus fragiles, sans assistanat mais avec bienveillance.

Je tiens à vous exposer brièvement 2 projets majeurs en faveur de l’Accompagnement de ceux qui en ont besoin.

Premièrement, nous nous attacherons, comme pour la sécurité, à développer une politique sociale de proximité. Saint-Martin bénéficie d’un contrat de ville et c’est dans ce cadre que nous comptons développer dans les deux quartiers concernés, Sandy Ground et Quartier d’Orléans, des structures de proximité qui regrouperont un centre socio-culturel et une maison des services publics.

Au plus près des habitants, ces centres publics s’attacheront à proposer des services de proximité décentralisés, comme Pôle emploi ou le service d’Etat civil. En outre, un suivi social, des animations et des ateliers de sensibilisation, à la parentalité notamment, pourront y être proposés.

La construction de ces structures, qui répondent à un véritable besoin, est une priorité et nous souhaiterions en poser les premières pierres en 2018.

Toutefois, bien avant cela, des Maisons de Services au Public temporaires seront installées dans les prochaines semaines. Je sais que nos services et les services de la préfecture s’activent depuis le mois d’octobre pour que les habitants de Sandy Ground et Quartier d’Orléans bénéficient dans les meilleurs délais de cette offre de proximité.
Nous aurons donc l’occasion d’y revenir très rapidement. ///

Second projet phare de la politique sociale de la Collectivité : la construction d’un pôle médico-social. Là aussi, un sujet qui fait l’actualité depuis quelques années et qui, hélas, n’a pas encore vu le jour.
Pourtant, les besoins en matière de prise en charge des personnes dépendantes sont immenses. IRMA a d’ailleurs révélé l’extrême faiblesse de notre capacité à gérer les personnes porteuses d’un handicap ou les personnes âgées.

Le quartier de la Savane, près de la Cité scolaire, accueillera donc un pôle médico-social qui offrira toutes les structures nécessaires à la prise en charge des plus fragiles telles qu’un EHPAD ou un Institut Médico éducatif pour accueillir les plus jeunes. ///

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Conformément à nos engagements, le plan Phoenix sera traduit dans un plan pluriannuel d’investissement et de rattrapage d’ici le 31 mars 2018.

Vous le voyez Madame la Préfète LAUBIES, Monsieur le Préfet GUSTIN, la liste est longue. Le travail de discussion que nous avons engagé depuis le mois de septembre m’autorise à penser que nous continuerons à œuvrer dans un partenariat fort, chacun à sa place respective. ///

Car ne nous y trompons pas, chaque centime comptera pour la réalisation de ce plan de financement.

La Collectivité fera indéniablement appel à l’emprunt auprès notamment de l’AFD et de la CDC, avec lesquelles nous entretenons une forte collaboration, mais la reconstruction ne pourra se faire sans la solidarité nationale, et donc un effort national massif.

Effort financier en premier lieu avec le recours à des crédits budgétaires de l’Etat, car dans cette reconstruction, la responsabilité est partagée. Un territoire de la République aussi affaibli après une catastrophe telle que nous l’avons connue ne peut pas se relever seul.

Effort politique aussi, car comme je l’ai affirmé lors de la venue du Premier ministre à Saint-Martin, si le recours aux investissements privés est un objectif clairement affiché dans notre plan de reconstruction, l’Etat doit soulager les lourdeurs et obstacles administratifs qui découragent bon nombre de partenaires.

Certes, La réforme fiscale que nous mènerons cette année cherchera à financer en partie ce plan de reconstruction. Mais faut-il encore éviter de décourager la création de richesses et, par ailleurs d’emplois. ///

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Mesdames et Messieurs, mes chers amis,

J’ai voulu vous présenter notre méthode pour la reconstruction de Saint-Martin. Le plan « Phoenix » n’est pas une succession de poncifs et de mesurettes mais un ensemble d’actions cohérentes.
Nous réaffirmons ici l’ambition de la majorité territoriale comme nous nous y étions engagés devant les Saint-Martinois en mars dernier, tout en tentant d’aller plus loin au regard de l’événement majeur que nous avons vécu.

Le « Plan Phoenix » est également le projet d’une administration. Mesdames et Messieurs les directeurs et agents présents cet après-midi, vous le savez, notre administration bénéficiera d’une réorganisation en 2018 et, à la lumière de ce plan de reconstruction, notre institution pourra compter sur un véritable projet d’administration.

Le plan Phoenix nourrit l’espoir de faire de Saint-Martin un territoire durable et attractif dans lequel chacun à la chance de réussir. Mon équipe et moi-même avons effectivement recherché à replacer la vie des Saint-Martinois au cœur du développement du territoire et des politiques publiques. ///

Oui, il nous faudra du temps pour réaliser ensemble ce programme ambitieux. Il nous faudra jouer collectif, écouter les habitants, car tout ne sera pas facile.

Nous avons devant nous, un défi vertigineux et exigeant. Mais je sais pouvoir compter sur mon équipe, mon administration et toutes les forces vives du territoire pour mener à bien la reconstruction de Saint-Martin.

A vous, à vos familles, à vos proches, je vous souhaite, en mon nom et au nom des élus du Conseil territorial, une année pleine de courage et d’ambitions. Que 2018 soit placée sous le signe de la réussite et du travail collectif.

Nous renaitrons de nos cendres et Saint-Martin will smile again.

Je terminerai par cette phrase : « encaisser les coups, rester debout, n’oublier personne, mais ne jamais se renier, et aller de l’avant ».

Très bonne année à tous !





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