Actualités de la collectivité
Interview de la Présidente Aline HANSON
2015-12-28
Interview de la Présidente Aline HANSON
Interview de la Présidente Aline HANSON

Parution: Journal Le Pélican du 28-12-15

Le Pélican: En janvier, à l’occasion de vos vœux vous aviez déclaré: «2015 sera ce que nous avons envie d’en faire, ensemble, unis dans la même volonté de voir réussir Saint-Martin», un an après, avez-vous réussi à faire ce que vous vouliez?

Aline Hanson: Je n’ai pas à rougir des avancées faites au niveau de la Collectivité. Nous allons lors de la présentation des vœux 2016 à la population, mi-janvier, faire état des réalisations en cours et à venir, tant au plan de l’aménagement du territoire qu’au niveau de la jeunesse.



Le Pélican: Le plan local d’urbanisme a suscité une vive réaction populaire comme rarement à Saint-Martin, quelle est votre analyse de la situation à postériori, maintenant que l’enquête publique a été stoppée?

Aline Hanson: Le Plan Local d’Urbanisme est un bon document de travail qui a pendant longtemps mobilisé beaucoup d’élus et de techniciens.

Je salue le courage de mon vice-président M. Guillaume Arnell, qui va reprendre le processus, et j’espère que cette fois, il y aura une meilleure compréhension de chacun.



Le Pélican: Le projet d’aménagement de la baie de Marigot est très ambitieux, très coûteux, quels sont, selon vous, les atouts de notre île qui feraient qu’un (ou plusieurs) investisseurs décideraient de miser gros?

Aline Hanson: Nous avons un territoire doté de nombreux atouts. Saint-Martin possède un littoral d’exception et une baie de Marigot au potentiel indéniable, il est normal que des investisseurs s’intéressent à ce potentiel. Je n’ai aucun doute sur le caractère unique de notre île dans la Caraïbe et au-delà. Saint-Martin est une île très prisée des touristes pour sa situation géographique, sa French Touch, pour la qualité de ses commerces, sa gastronomie, son patrimoine culturel, sa bi-nationalité…

Nous avons mis en place une fiscalité attractive, je vous invite à lire, sur le site de la Collectivité, le guide de l’investisseur «Doing Business in Saint-Martin», document incitatif pour les investisseurs étrangers, mais aussi pour les Saint-Martinois.



Le Pélican: Pourquoi ce projet vous paraît-il absolument nécessaire?

Aline Hanson: Parce que le territoire doit monter en puissance, parce que la jeunesse doit trouver sa place, et aussi apprendre à entreprendre.
Le canal de Panama est en train de s’agrandir, l’embargo a été levé à Cuba, et d’autres îles caribéennes ont des projets d’aménagement comme le nôtre. La demande touristique est de plus en plus forte dans la Caraïbe, Saint-Martin doit se maintenir et se positionner. Cet aménagement est en adéquation avec les besoins du territoire, c’est une nécessité pour notre développement futur. Il sera une véritable valeur ajoutée pour notre économie.



Le Pélican: Concernant la situation des transats sur la plage de Grand Case, vous faites preuve d’une grande fermeté, parfois au détriment de commerçants, qui souffrent déjà d’une situation économique difficile, pourquoi le choix de ne pas délivrer d’AOT à cet endroit?

Aline Hanson: Notre stratégie a toujours été la même. La plage d’Orient Bay a la vocation touristique d’accueillir des transats, tandis que Grand Case est un village traditionnel, qui n’a pas vocation à avoir une plage aménagée de transats et d’activités nautiques motorisées. Par contre, Grand Case a bien d’autres atouts. La collectivité a simplement demandé aux quelques établissements concernés de respecter la réglementation en vigueur; ce qui a été fait, et je les en remercie.



Le Pélican: Qu’en sera-t-il des autres plages comme Friar’s Bay ou encore Baie Rouge où de la même manière, des restaurateurs occupent le domaine public sans autorisation?

Aline Hanson: Il y a un Pôle en charge de ces questions-là, qui sait ce qu’il convient de faire. Les élus ont donné instruction aux techniciens afin que la règlementation soit respectée et que des contrôles soient diligentés. Il y des règles à respecter sur le domaine public et nous les ferons appliquer.



Le Pélican: La problématique des sargasses s’est trouvée au cœur des préoccupations de cette année 2015 et la Collectivité a tenté de donner des réponses appropriées en créant les brigades vertes par exemple, qu’est-il possible de faire en plus afin qu’une zone comme celle de Cul-de-Sac, en particulier, ne souffre plus de ce problèmerécurrent ?

Aline Hanson: La problématique des sargasses est complexe, car cette pollution est générée depuis l’Amérique du sud pour venir directement impacter nos plages. L’échouage des sargasses est à la fois un problème environnemental et de santé publique. Depuis l’arrivée des algues, la collectivité et l’Etat ont pris la mesure du phénomène et leur responsabilité en organisant le nettoyage régulier des plages tant que cela est nécessaire.



Le Pélican: La mise en examen de la directrice générale de la Semsamar et de son ancien Directeur vous a conduite à faire voter lors d’un conseil territorial la possibilité pour la Collectivité de se constituer partie civile, alors qu’elle est, elle-même, actionnaire majoritaire, pouvez-vous tenir nos lecteurs informés de l’évolution de la situation?

Aline Hanson: Cette démarche n’a pas été initiée contre la directrice de la Semsamar, mais bien pour avoir accès au dossier judiciaire dans le but de défendre les intérêts de la collectivité, qui est actionnaire majoritaire de la Semsamar. Je n’ai rien de nouveau à ajouter sur ce dossier qui est en cours d’instruction.



Le Pélican: Le récent accident impliquant un gendarme renversé devant le collège Mont des Accords par un jeune homme de 17 ans à moto, refusant de se soumettre à un contrôle, est symptomatique d’un manque de respect de la jeunesse saint-martinois pour les forces de l’ordre. Quelle est votre analyse de cette situation? Que pouvez-vous dire aux jeunes, à leurs parents?

Aline Hanson: Chacun a son rôle à jouer et sa part de responsabilité:

- Les parents
- L’école
- La société
- Les institutions (Collectivitéet Etat)

C’est ensemble que nous ferons de nos jeunes des citoyens respectueux et responsables. Notre jeunesse est trop souvent livrée à elle-même car les parents travaillent et ne consacrent pas toujours suffisamment de temps à leurs enfants. Ce rôle éducatif est pourtant essentiel dans la vie d’un enfant. Ni l’école, ni l’institution ne peuvent se substituer aux parents…

Les institutions font leur part avec la mise en œuvre de nombreux dispositifs, comme le Contrat de Ville, récemment signé, qui cible des actions spécifiques dans les quartiers prioritaires (Sandy Ground et Quartier d’Orléans), et son volet prévention décliné dans le Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD). Ce sont des outils sur lesquels nous nous appuierons, avec un véritable travail de fonds sur la parentalité.



Le Pélican: Le 30 novembre dernier, le Conseil d’État, a rejeté la requête du préfet visant à faire annuler la délibération du conseil territorial relative à l’instauration d’un prélèvement forfaitaire de 30 % sur une partie des sommes versées au titre du revenu de solidarité active (RSA). C’est une vraie victoire pour les finances de la Collectivité, mais ne craignez vous pas qu’en rendant encore plus précaire la situation des plus démunis, ceux-ci se tournent encore plus vers la délinquance?

Aline Hanson: Vous faites un raccourci un peu rapide, mais je comprends votre inquiétude. Initialement, la Collectivité souhaite réformer le RSA, ce qui veut dire l’adapter aux réalités sociales du territoire. Cette habilitation, le président de la République nous l’a accordée. Avec cette réforme, les Saint-Martinois qui sont dans le besoin continueront de bénéficier de l’allocation RSA. Nous voulons par contre réduire le champ d’accès au RSA, et engager une lutte efficace contre la fraude. Encore une fois, la taxation du RSA socle est une solution alternative. Notre objectif est de faire aboutir la réforme pour qu’elle soit appliquée le plus rapidement possible.


Le Pélican: La visite présidentielle en mai dernier a été une vraie réussite et nous avons pu voir François Hollande acclamé comme nulle part ailleurs (tous les médias nationaux en ont fait écho), comment expliquez-vous cet engouement populaire des Saint-Martinoispour le président de la République, alors qu’ils semblaient si peu impliqué lors de l’élection présidentielle ?

Aline Hanson: Les Saint-Martinois sont fiers d’appartenir à la République Française. Notre île a toujours été une terre d’accueil. Il n’est pas étonnant que le chef de l’état ait suscité un tel engouement. Cet enthousiasme traduit également un besoin d’accompagnement à la hauteur des espoirs de notre population qui compte sur l’Etat pour respecter ses engagements.


Le Pélican: A cette occasion, vous avez livré un discours sans faille et vous êtes montrée très proche du président, sa visite aurait-elle fait évoluer votre positionnement politique vers la gauche?

Aline Hanson: Cette expérience a été très enrichissante pour moi, j’avais en face de moi le Président de la république, non pas un leader de la gauche. L’appartenance gauche droite n’a pas autant d’importance à Saint-Martin.

A l’instar du groupe RRR (Rassemblement responsabilité Réussite) qui réunit des hommes et des femmes de tout bord politique avec l’objectif commun de servir les intérêts de Saint Martin, je vois que même en France métropolitaine, cette idée de rassemblement a fait son chemin, jusqu’au sein même du gouvernement.


Le Pélican: La COP 21, s’est terminée,il y a quelques jours à Paris, pouvez-vous nous dire quels sont les engagements locaux que vous souhaiteriez voir mis en œuvre pour le climat? Et comment expliquez-vous que, toujours, une partie de la population saint-martinoise semble totalement hermétique aux enjeux environnementaux, comme par exemple la pollution ou encore le tri des déchets?

Aline Hanson: La prise de conscience doit être globale et la collectivité mettra tout en œuvre pour accompagner les Saint-Martinois, les aider à adopter les bons gestes et répondre ensemble aux enjeux environnementaux de notre territoire.
C’est au quotidien que nous devons avoir des comportements éco-citoyens, des gestes simples d’économie: ne pas laisser tourner les climatiseurs, faire le tri sélectif, ne pas jeter de déchets sur la voie publique, éteindre les appareils électroménagers en veille, etc.
L’école a aussi un rôle pédagogique de sensibilisation au respect de l’environnement. L’on se rend compte que lorsque les enfants sont sensibilisés, ils sont un relais précieux auprès des parents et au sein du foyer.


Le Pélican: L’année 2015 a été éprouvante pour nombre d’entre nous. Débutées par les attentats de Charlie Hebdo, elle se termine sur ceux de Paris le 13 novembre. Vous avez, vous-même, été éprouvée personnellement, d’une part par une violente agression et d’autre part par la maladie (car ce n’est un secret pour personne sur cette petite île où les gens parlent beaucoup), pouvez-vous nous en parler? Où trouvez-vous la force de continuer à avancerdans votre mission ?

Aline Hanson: L’enjeu n’est pas Aline Hanson, mais bien l’intérêt général de Saint-Martin. Lorsque j’ai accepté ma mission, je l’ai fait en connaissance de cause. Je savais que ce ne serait pas facile, surtout que Saint Martin a connu beaucoup de Présidents… C’est un engagement de tous les instants et quel que soit mon état de santé, je dois avancer, répondre aux besoins de la population, pallier les retards accumulés par mes prédécesseurs et faire évoluer le territoire dans le bon sens, avec mon équipe. Voilà ce à quoi je me suis engagée en faveur de l’intérêt général de Saint-Martin et je compte bien tenir mes engagements jusqu’au bout.Vous savez la maladie ne s’achète pas… la loi organique ne prévoit pas que la Présidence doive fournir un état de santé annuel.Grâce aux technologies nouvelles, les vice-présidents et mes collaborateurs ont assuré la continuité, même à distance j’ai toujours géré la Collectivité et donné des consignes permanentes.


Le Pélican: En conclusion, quel message souhaitez-vous faire passer à vos administrés en cette fin d’année?

Aline Hanson: Je demande tout d’abord aux jeunes de redoubler de prudence s’ils sont de sortie pour les fêtes, et tout au long de l’année: port du casque, ne pas boire en conduisant, adopter un comportement correct. Il faut qu’ils pensent aux parents et amis qui pleurent lorsqu’il arrive quelque chose de grave.

Je voudrais aussi dire aux chefs d’entreprises de Saint-Martin qu’ils s’inscrivent dans une démarche d’accompagnement en prenant au moins un jeune sous leur joug, afin de lui donner sa chance. C’est par une implication à tous les niveaux que nous réussirons.
J’ai aussi une pensée particulière en cette période de fêtes pour les personnes seules, ceux qui font face à la maladie, ceux qui sont en détresse.
Enfin, je voudrais adresser un message de rassemblement à toute la population. Il est important de se recentrer sur l’essentiel: la famille, les proches, le partage. L’unité, la fraternité, la bienveillance les uns envers les autres, sont des valeurs fondamentales, que nous devons tous entretenir. Meilleurs vœux et très bonnes fêtes à tous!




1 -    article(s) précédant(s)